mardi 25 décembre 2007
Noel au Chili.
Besoin de se poser...
La cote Chilienne
-"c'est par la !"me dit-il.
Il me questionne au sujet de mon voyage puis me demande
-"Mais, as-tu un moteur sur ton velo?"
Je rie en lui disant que non.
C'est quelques km plus loin que nous comprenons la question posee. La cote n'est qu'un succession de montagne russe. Dur dur...
Le paysage est cependant tres agreable avec notament tous ces pins et eucaliptus. A Pichilemu la plage est de sable noir. Et oui, nous sommes au pays des volcans!
Mi Valpo!
C'est incroyable, me voila a Valparaiso...Sentiment etrange assise a une terasse sur les hauteurs de Valpo. Je ne me suis jamais sentie aussi loin de la France. Vous en hiver et moi en ete... le souvenir de cette ville lointaine tant reve et la realite de tous ces km parcourus.!
Ici c'est pour nous une etape gastronomique. On se gorge de fruit frais et de poissons...
Ville portuaire aux milles couleurs entouree de collines. Pour aller d'un endroit a un autre on prend le bus. Les funiculaires nous hissent sur les hauteurs. Pour aller a la maison de Pablo Neruda, c'est un taxi fou qui nous propulse dans la ville. C'est qu'il n'a pas le choix vu l'importance des pentes:il faut necessairement une conduite nerveuse!
La traversee de la Cordillere des Andes
Cette fois ci c'est en velo et a partir de Mendoza que nous partons tambour battant a la conquete des hauts sommets.
Le vent est en notre faveur et nous arrivons sans difficultes jusqu'a un petit village nomme Uspallata.
Le lendemain je prepare un petit dejeuner plus consistant que d'habitude car je pressent que la journee sera difficile. A peine sortis de cette oasis, le paysage est splendide. Mais que se passe t'il, il est 7 h du matin et le vent est bien fort deja. Puis progressivement l'intensite du souffle croit. il n'est pourtant que 8h. On se bat en essayant de rouler droit malgre les rafales. Juanito qui deteste le vent est toujours la, devant et ne desarme pas. J'en suis bien contente. 8h30, il s'arrete net. En effet, il devient difficile et presque dangereux de continuer. Sans un mot, je pose mon velo et tente de trouver un vehicule qui va nous deposer au prochain village. Aujourd'hui dimanche...La route est quasi desertique. Pour ne pas perdre le moral, je fais le pitre en jouant avec le vent. Et tout d'un coup, je vois une caravane: Un camion avec 3 voitures derriere. Et dans le tas c'est un van tire par un pick up qui s'arrete. Nos velo prennent alors la fiere allure des chevaux et nous embarquons. Passe l'instant de la rencontre, c'est le degout qui s'emparre de moi. La route est sublime et nous voila reduit a regarder ce magnifique panorama derriere des vitres tintees et sales de surcroit. Nous arrivons ainsi a Punte del Inca. Lieu de depart des ascensions pour l'Aconcagua(6959m). En ce moment il y a "una tormenta muy fea sobre el Aconcagua". Des expeditions se preparent malgre tout pour demain. Et je me peux pas m'empecher d'avoir une pensee compatissante pour tous ces alpinistes qui, a quelques metres du sommet doivent renoncer a ce but ultime et faire preuve d'humilite.
jeudi 6 décembre 2007
Les chauffeurs de camions de San Juan et de Mendoza.
Tous les deux represente a mes yeux la jeunesse argentine reflechie, genereuse et enjouee. La 30aine, pere de famille, ils s'inquietent de leur avenir certes mais sont confiants.
-" L'extraction des ressources minieres nous inquiete. Nous exportons beaucoup et quand tout sera epuise que deviendrons-nous? En attendant, quelle source de travail!Ces 4 dernieres annees nous nous relevons progressivement de la crise economique. Moi je veux croire a un avenir meilleur. Notre nouvelle presidente(Christina) c'est la continuite. Nous avons elu l'epouse du president sortant. Aujourd'hui j'ai peu de vacances et peu d'argent. Mais quand le peso sera plus fort moi aussi un jour je viendrais dans ton pays.
J'adore le velo et regarde ici je ne suis pas le seul. Je suis ravi de pouvoir vous aider et en echange ton amitie me suffit."
Ils sont curieux de tout et me posent plein de questions sur la france. Notre facon de vivre, mais nous parlons aussi d'argent. Ils me demandent combien je gagne, le prix des velo, le prix des billets d'avion...
Les paysages argentins.
La pampa, on veut bien en faire un peu avec nos supers velo. Mais trop c'est trop. Pire que tout, elle met notre patience a rude epreuve. Donc des que nous pressentons le pire, nous prenons un transport pour sauvegarder nos nerfs et pour profiter du pays dans les parties les plus belles.
Ainsi nous prenons un bus local de Pituil a Chilecito. De Bermejo a San Juan et de Media Agua a Mendoza nous prenons des camions.
Les villes de San Juan et de Mendoza sont des oasis tres agreable a vivre. Tres ombragees avec de grands Sicomores. C'est ici pour moi, repos et mis au point.
2000 km
Le vent ici est un geant qui s'exprime dans toute sa splendeur assez tardivement. Cependant il nous surprend toujours.
Dans le parque de Talampaya par ex, il souffle jour et nuit.
D'autre part je n'ai pas remarque qu'il venait plus du nord. Toutes les directions lui conviennent.
Au loin dans la pampa il faconne des tourbillons de sable d'une hauteur impressionnante. Sur la piste qui nous mene a Paconchillo, un grand tourbillon me prend par surprise et entoure mon velo. Mais il ne fait que passer. Par jeux, je lutte et arrive a rester debout sur mon velo. Je me retourne hillarde, le point leve pour exprimer a Juanito ma victoire. Mais celui ci n'a rien vu car il a du sable plein les yeux. Dommage, moi qui voulais l'impressionner...
L'ete arrive a grands pas et le mercure monte! Je suis oblige de poser mon chapeau sur le compteur lors des arrets en peine chaleur, sinon c'est le beugage assure. Par 2 fois je l'ai vu en etat de crise! Mais pas de panique, il se remet en marche des qu'il est un peu plus au frais.
Nous arrivons a rouler jusqu'a 2h de l'apres midi.
L'eau ne suffit pas pour se desalterer, a mon gout. Un bon coca bien frais ou une bierre locale fait mon affaire.
La sieste est un exercice ardu. Tout arret est sujet a encore plus de chaleur ressentie. Cette patie du corps qui est en contacte avec le sol ne respire pas et vous engloutie dans une pesanteur collante...Je prefere me mouvoir tranquillement pour aller me rafraichir, arranger les affaires du jour, visiter le nouveau lieu d'arrivee et parler avec les quelques personnes qui se trouvent la.
Nous donnons donc nos premiers coups de pedales des que le soleil apparait.Le compteur affiche 06h. Nous avons en effet besoin d'au moins 1h30 pour nous preparer. Il fait frais et la route est facile. Comme dans un reve je vois des animaux traverser la route; un grand vol de perroquet qui semble vouloir nous accompagner; des enfants vetus de blancs qui s'en vont a l'ecole. Des mains se levent et a mon tour je les salut discretement comme pour m'excuser de ne faire que passer.
Hasta luego los compagneros por los 3000km!
J'ai perdu Juanito!
Juanito demarre doucement puis tout d'un coup je le vois prendre de la vitesse, il me double et puis disparait dans le paysage, loin devant moi.
Apres tout peu importe. Je garde mon rhytme et profite de cette journee qui commence. Mais voila..., cela fait 3 h que je pedale et ou donc est passe"mon Juanito"! Puis un grand carrefour apparait. On aurait du se retrouver la pour discuter de l'alternative. Bon aller, c'est a gauche de toute evidence, il faut que je le ratrappe. Il est certainement tres en colere. J'arrete une voiture pour poser la question fatale:
-"avez-vous vu un Juanito a velo s'il vous plait?
-"ah non pas du tout, aucun voyageur a velo sur les 20 km qui suivent".
Aye, aye aye! mon coeur se met a battre. Aurais-je perdu Juanito? Bon, je me calme, reflechis. Je ne peux pas me permettre de faire demi tour. Il faut atteindre le village suivant. Je continue, inquiete et envisage cette longue cote qui s'annonce. Tout d'un coup, une voiture me double rapidement et s'arrete. Tient, un message de juanito certainement...
-"Ton ami est 10km derriere, il va bien et n'a pas de probleme". Ouf, quel soulagement. J'attend donc sur cette route au milieu de nulle part avec un arbre picant pour seule protection. Je decide finalement de poser le velo et de marcher vers le nord a sa rencontre. Puis tout arrive: 3 bras se levent. Les 2 miens et celui de juanito trop affaire sur son velo pour lacher le guidon. Quelle frayeur!
Monsieur s'etait arrete dans un village, hors de ma vue pour poster une lettre. Lui de retour sur la route m'attendait et moi je lui courrai apres. Le bon Dieu, bien installe dans le ciel bleu devait se marrer en nous regardant!