vendredi 8 février 2008

Buenos Aires.

Buenos Aires entre modernité et tradition.

La pose café!



Le parc Botanique un dimanche après midi.




Une rencontre avec des amis Servas.
Un grand merci pour tous ces bons moments en votre compagnie!




Puerto Madero, un quartier riche et récent.

Nous apréhendons une chose: le retour de la chaleur. Mais non, un leger vent du sud rend les choses tout à fait acceptable. Ouf!
Pour une dernière fois nous sortons les vélos du bus. On est devenu les rois du démontage et de l'empaquetage des vélos. Quatre mois après ils sont toujours en parfait état. Nous avons une semaine devant nous pour les proposer à la vente.
Nous posons nos petites affaires dans un hostel d'un des quartiers aisés de la capitale puis nous irons visiter La Boca, San Telmo, Puerto Madero. Je vois des demeures "belle époque", des grandes tours modernes et des immenses avenues. Mais il a aussi de mauvais immeubles aux climatisations défectueuses qui raffraichissent le piéton par un goute à goute continue; de la végétation qui fissure les murs de la ville, des fils electriques à l'enchevètrement incroyable; des "cartonéros" qui survivent grâce au tri des déchets.
Nous visitons des musées, la grande demeure privée du colonel La Paz, le cimetière de la Recolleta. L'influence européenne est trés maquante. Les Argentins sont trés fièrs de montrer leurs richesses européennes aux petits Français que nous sommes. Et moi, je suis ravie des quelques rencontres que je peux faire encore.
Naty vient diner ce soir à l'hostel. Nous plaisantons mais elle nous parle aussi des problèmes de son pays. Elle veut que nous sachions que Buenos Aires c'est aussi le 1/3 monde aux portes de la ville; des quartiers où l'ont vit et meurt sur le troitoire, un système de santé déplorable qui a tué son enfant... Elle voudrait me montrer tout cela et me parle de sa vie qu'elle garde enfouie au fond d'elle.
Nous rentrons en contact avec une famille Servas. Demain nous allons faire du vélo ensemble. Je suis ravie. Puis on se revoit pour un restau quelques jours plus tard. Ils nous aurons invités à chaque fois. Nous sommes bien sûr gênés mais bien bien content de faire aussi la connaissance d'Adrien qui ne cesse de nous faire rire.
Au jardin botanique, nous marchons au rythme des gens du dimanche. Puis je m'assoie sur un banc pour profiter quelques minutes encore de cette agréable atmosphère. Hugo, un large sourire, de belle prestance et une canne à la main me demande:"puedo compartir el banco?". " "Con placer" lui repondis-je. Et me voilà parti dans une longue conversation. il me raconte sa vie, le vie du pays. Comment il s'est parfaitement intégré comme imigrant Italien. Une heure que je suis sur ce banc avec lui me paraissent cinq minutes. Ces tableaux que j'admirent dans les musées prenent alors vie et s'animent. " Vas a venir manana por la tarde a las tres, soy aca todo los dias?"
Un jour avant mon départ, bétina voudrait me montrer l'hôpital où elle travaille. Peut-être m'appellera t-elle. Naty veut m'inviter chez elle. le carnaval dans les rues de Buenos Aires va commencer. La ville en guise d'au revoir ne cesse de me donner des RDV. Mais Vérito doit redevenir Véronique pour un autre jour peut-être faire un autre voyage.



Retour sur Buenos Aires avec arrêt à Puerto Deseado.












Maintenant c'est du bus, que du bus et rien que du bus. 48h pour rallier Buenos Aires. Comme nous avons du temps nous projettons un arrêt sur la côte à Puerto Déséado.
Avec une équipe trés sympathique d'Espagnol et d'Argentin, nous tentons une expédition à l'îles des pingouings. Ils sont des centaines à vivre là sur cette île presque inaccessible. Nous marchons au milieux d'eux en essayant ne serait ce que quelques heures de les apprivoiser. Etrange mamifère marin parfois agressif mais qui aime se construire une famille. On nous explique que le mal reste fidèle toute sa vie à sa femme. L'un et l'autre prennent soin à tour de rôle de leur progéniture. Mais attention, il ne faut pas l'embêter ou lui piquer son territoire, sinon c'est lui qu vous pique et vous remet à votre place.
Un peu plus loin une plage est réservée aux lions de mer. Eux aussi ils se défendent et peuvent même combattre jusqu'à la mort.
Quelques cadavres d'animaux ça et là parsèment le sol et cotoie la vie de tous ces animaux.
Il y a aussi des cormorans, des mouettes océaniques à ne pas confondre avec leurs cousines côtières.
Nous profitons de la côte avec nos vélos. J'essaye de me défouler car bientôt je vais encore dans un bus pour un long et dernier trajet.
En fait les bus en Argentine comme au Chili sont tout confort. Donc c'est du repos essentiellement. Vous pouvez choisir un semi cama ou carrément un cama. Cette fois ci on se la joue confort. Les repas sont presques toujours compris à bord. Là on a même droit à des haltes restaurant. Wouah!
Depuis Ushuaia le bus c'est pour moi l'occasion de rencontre. Avant d'arriver à Buenos Aires, Naty me laisse ses coordonnées car il faut à tout prix qu'on continue à se voir.



La tierra del fuego.

Ushuaia
Le parc national aux portes de la ville!


Le glaciar Martial, qui surplombe la ville touristique.

La traversée en zodiac pour sortir du bout du monde!


Puerto Williams
L'attente désespérée d'un bateau à voile!




Vue du port de tourisme






Les forêts de l'apocalypse!





Point de vue sur la fin de notre voyage...


Dans ces villes du bout du monde, sur une même journée on peut rencontrer les 4 saisons. Pour nous c'est beau temps en permanence. Il fait frais, voilà tout.
Puerto Williams c'est tout d'abord l'accueil chaleureux de Paty dans son hospedaje et le plaisir de retrouver les amis du transbordadora.
Puis on se balade dans des forêts bien étranges. C'est que la végétation est malmenée par le rude climat. Arbre noir déracinés, couchés, s'encastrant dans les branches et troncs voisins. Equilibre instable et grinçant. Parfait décors pour se faire peur ou imaginer la vie des gnomes, troll ou autres lutins. Ici la vie est plus forte que la terreur et les forêts sont bien vertes . le sol est bien souvent boueux, spongieux. Un grand torrent que l'on longe puis que l'on traverse nous sert de repère à nos randonnées hasardeuses et cahotiques.
Puerto Williams, ville la plus australe représente la vraie fin de notre voyage. En allant à Ushuaia nous amorçons tranquillement le retour.
Le canal de beagles est une voie de passage stratégique. Faire cette traversée ce n'est pas simple du tout. Le conflit entre le Chili et l'Argentine des années 70 sur cette zone laisse encore des souvenirs. les voiliers ne veulent pas être assimilés à des charters et craignent des sanctions. Les traversées officielles sont très chers. Mais il faut bien sortir de ce bout du monde. alors un beau matin nous voilà embarqués dans un zodiac qui nous propulse dans la touristique ville d'Ushuaia.
A Ushuaia on essaye de profiter des alentours en allant au glaciar Martial et en se promenant dans le parc naturel. Nous allons surtout rencontrer une petite famille:Nicolas et Nathalie avec leur petite fille qui se préparent pour 6 mois de voyage à vélo à travers l'Amérique Latine. Comme pour beaucoup, départ trés difficile et énormément d'inquiétude. Nous les rassurons de notre mieux; nous qui finissons maintenant nous allons suivre leurs aventures pas à pas.
Tout comme Puerto Williams il est difficile de partir. Après avoir essayé toute une matinée de trouver un camion nous prenons une réservation pour partir en bus 2 jours plus tard.






Vous avez dit ferry?





L'été la ville de Puerto Natales vit au rythme des touristes qui vont et vienent par bus et bateau. Certains vienent de Puerto Montt à bord de grands bateaux tout confort. Nous, c'est un petit ferry transportant tous types de marchandises qui nous accueille pour cette traversée mille fois rêvée pour aller à Puerto Williams. Nous, ce n'est pas uniquement Vérito et juanito. C'est aussi 22 autres compères. Et sur le bateau ça sent bon l'Italie avec Carlota et Fréderico. Mais il y a aussi 4 Chiliens, 2 Argentins enigmatiques, 2 allemands bien discrets et des joyeux navigateurs français. Et c'est ici que je fais la rencontre avec un collegue Servas: Eric Picheral. Incroyable non?

Tout d'abord, l'accueil nous semble un peu ruste. C'est que ce bateau qui circule toute l'année n'a pas la vie facile. Les hommes au fil du temps se sont endurci. Et lors du départ il faut aller à l'essentiel...On n'ose donc trop rien dire dans ce petit compartiment qui nous ai dédié. Nous engloutissons un vulgaire sandwiche jambon fromage avec un peu de café pour ceux qui sont arrivés à l'heure. Puis l'ambiance se détend. je fais connaissance avec tout le monde devant des paysages particuliers. Pour aller à Puerto Williams nous allons emprunter le canal de Magellan puis le canal de Beagle. Nous rencontrons des îlots un peu partout assez austères ainsi que des langues de terre. Le ferry se faufile avec précision. Bon pas de crainte ils ont l'habitude et le ferry est tout en acier...Puis nous rencontrons des falaises, des mini montagnes aux creux desquelles se nichent des glaciers qui tombent dans la mer. En les approchant, la couleur de l'eau change subitement et devient blanchâtre. C'est l'eau glacière. L'air devient alors plus frais encore. On se couvre pour rester sur le pont et regarder encore. Etre là tous ensemble, ici pour voir, c'est ça qui compte.
Ce voyage je ne voudrai pas le voir finir si vite. L'atmosphère est devenue vraiment sympathique et notre cuisinier a fini par nous faire de bons petits plats que nous prenons 4 par 4 dans la petite salle à manger du ferry. Cette deuxième nuit est tout comme la première un peu difficile. Nous sommes assis dans des sièges un peu étroit. En pleine nuit, on accoste au milieu de nulle part. Je pense tout d'abord à un incident technique car j'entend des cris, une alarme. Mais dans ce lieu, un homme descend puis un autre monte. Enigme. Grand bruit de moteur avec marche arrière et on repart. Comment font-ils pour naviguer de nuit dans ce décors? Mystère pour moi.
A 6h, je me déplie doucement hors de la cabine et découvre les lumières de la côte. Dans peu de temps nous allons arriver à Puerto Williams. 7h on arrive. On est accueilli par l'armée et à 8h on débarque pour de nouvelles aventures.