
L'été la ville de Puerto Natales vit au rythme des touristes qui vont et vienent par bus et bateau. Certains vienent de Puerto Montt à bord de grands bateaux tout confort. Nous, c'est un petit ferry transportant tous types de marchandises qui nous accueille pour cette traversée mille fois rêvée pour aller à Puerto Williams. Nous, ce n'est pas uniquement Vérito et juanito. C'est aussi 22 autres compères. Et sur le bateau ça sent bon l'Italie avec Carlota et Fréderico. Mais il y a aussi 4 Chiliens, 2 Argentins enigmatiques, 2 allemands bien discrets et des joyeux navigateurs français. Et c'est ici que je fais la rencontre avec un collegue Servas: Eric Picheral. Incroyable non?
Tout d'abord, l'accueil nous semble un peu ruste. C'est que ce bateau qui circule toute l'année n'a pas la vie facile. Les hommes au fil du temps se sont endurci. Et lors du départ il faut aller à l'essentiel...On n'ose donc trop rien dire dans ce petit compartiment qui nous ai dédié. Nous engloutissons un vulgaire sandwiche jambon fromage avec un peu de café pour ceux qui sont arrivés à l'heure. Puis l'ambiance se détend. je fais connaissance avec tout le monde devant des paysages particuliers. Pour aller à Puerto Williams nous allons emprunter le canal de Magellan puis le canal de Beagle. Nous rencontrons des îlots un peu partout assez austères ainsi que des langues de terre. Le ferry se faufile avec précision. Bon pas de crainte ils ont l'habitude et le ferry est tout en acier...Puis nous rencontrons des falaises, des mini montagnes aux creux desquelles se nichent des glaciers qui tombent dans la mer. En les approchant, la couleur de l'eau change subitement et devient blanchâtre. C'est l'eau glacière. L'air devient alors plus frais encore. On se couvre pour rester sur le pont et regarder encore. Etre là tous ensemble, ici pour voir, c'est ça qui compte.
Ce voyage je ne voudrai pas le voir finir si vite. L'atmosphère est devenue vraiment sympathique et notre cuisinier a fini par nous faire de bons petits plats que nous prenons 4 par 4 dans la petite salle à manger du ferry. Cette deuxième nuit est tout comme la première un peu difficile. Nous sommes assis dans des sièges un peu étroit. En pleine nuit, on accoste au milieu de nulle part. Je pense tout d'abord à un incident technique car j'entend des cris, une alarme. Mais dans ce lieu, un homme descend puis un autre monte. Enigme. Grand bruit de moteur avec marche arrière et on repart. Comment font-ils pour naviguer de nuit dans ce décors? Mystère pour moi.
A 6h, je me déplie doucement hors de la cabine et découvre les lumières de la côte. Dans peu de temps nous allons arriver à Puerto Williams. 7h on arrive. On est accueilli par l'armée et à 8h on débarque pour de nouvelles aventures.

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